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Gustave
Être gay et créateur
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Culture | Perso | 10.11.2015 - 19 h 06 | 0 COMMENTAIRES
Les petits mystères de Gustave : 3) Mais qui est cet homme ?
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Oui, qui est cet homme à la posture féminine et précieuse ? le portrait date de 1877, année très prolifique pour Gustave. Le format est assez imposant, et surtout, il est horizontal ce qui est rare pour le genre. C’est que l’environnement est important : l’homme est calé dans un canapé cossu, dont le motif à rayure est rigoureusement identique à celui du papier peint derrière. Cela écrase l’espace, qui devient plan et graphique, renforçant du coup, la perspective du corps, traité lui avec profondeur. Ce décor indique surtout la personnalité et le statut du personnage : raffiné, élégant, sensible, à la mode, n’ayant pas peur d’une décoration « chargée »… Un collectionneur ? On jurerait être dans sa chambre, ce qui nous met, comme souvent avec Gustave, en état d’intimité avec le personnage. Mais ce qui surprend le plus pour l’époque, c’est la posture extraordinairement féminine de l’homme : jambes croisées, corps lâche enfoncé dans les coussins présenté en diagonale (aucune frontalité, donc) main fine prenant la cuisse (geste bizarre, assez sensuel), regard doux voire bonasse. Un peu comme si cet homme très passif était prêt à s’offrir…

A ce stade, un portrait peu ordinaire mais rien de vraiment mystérieux, tout au plus une observation magnanime du peu de virilité de son modèle… Il faut attendre un an pour que Gustave réalise un pastel véritable contre pied de son portrait :
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Construit comme une mise en abîme (le tableau dans le tableau), voici une confrontation stupéfiante ! La femme au premier plan est droite, rigide, sévère. son corps, installé dans un fauteuil se tient bien verticalement. Derrière, le portrait de l’homme posé sur le chevalet, alors qu’il est fini puisqu’encadré d’un lourd et présent cadre doré, répondant aux ors du fauteuil. Cadre et meuble enferment et mange l’espace de l’homme de façon agressive, renforçant aussi l’effet de diagonale initial. Ce qui étonne d’entrée de jeu est l’inversion manifeste des codes de genres du XIXème siècle : la femme est aussi (sèchement) masculine que l’homme est (mollement) féminin. Gustave s’amuse à cette inversion, qui fait prendre l’homme en pitié face à cette matrone autoritaire. Du reste, l’expression de son visage a changé : de bonasse et bienveillant, il devient renfrogné comme un enfant que l’on vient de réprimander.
portrait mr R gp portrait mmeXgp

On ne sait rien de ces deux personnes, le premier portrait s’intitule : « portrait de Mr R. », titre préservant l’anonymat, juste l’initiale, quand le pastel : portrait de Mme X est strictement anonyme, lui. Mais Gustave s’amuse à faire valser les genres et les codes du portrait de façon manifeste. Il est, dans son groupe de peintre, le seul à s’y atteler.

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